Philosophie de l’acteur #2

Cet enseignement est développé à l’ESAD depuis 2013 par Christine Ravat-Farenc[1], dans le cadre du DNSPC, Diplôme National Supérieur Professionnel du Comédien, délivré conjointement à une Licence d’Etudes Théâtrales de l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. Le stage de trente-six heures est concentré sur une semaine et proposé aux élèves de troisième année dans la perspective de leur proche émancipation du statut d’étudiant.

Le référentiel pédagogique du DNSPC, crée par décret en 2007, délivré par L’ESAD et les dix autres écoles nationales de la plateforme LMD, détaille les savoir-faire et savoir-être à acquérir dans le temps de formation en école. Il y est question, entre autres, de nourrir le « rapport à soi et à l’autre ». C’est en application de cette formule que ce stage a été proposé. A partir d’un corpus de sciences humaines, il s’agit d’élaborer des outils théoriques et pratiques permettant aux jeunes acteurs de penser leur condition d’artistes créateurs et leur rôle dans la société française contemporaine.

 

LA NUDITÉ EN SCÈNE ET À L’ÉCRAN :

ÉMANCIPATION OU RÉIFICATION[2] ?

Par Christine Ravat-Farenc

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Sommaire

  1. La nudité dans les arts vivants et à l’écran [p. 2]
  • La nudité subversive du Body Art [p. 2]
  • La nudité conceptuelle et charnelle en danse contemporaine [p. 3]
  • La nudité métaphorisée au théâtre [p. 6]
  • La nudité réaliste du cinéma [p. 10]

 

2. Nudités référentielles : géographie, normes et codes [p. 13]

  • Nudités privées [p. 14]
  • Nudités publiques [p. 15]
  • Le nu artistique [p. 17]
  • La nudité publicitaire [p. 18]
  • La nudité pornographique [p. 20]

 

3. Penser la nudité de l’acteur (-trice) [p. 22]

  • Le coût social de la nudité [p. 23]
  • La honte de la honte [p. 24]
  • La pudeur nécessaire [p. 26]
  • Être sujet ou objet ? [p. 27]
  • Une pathologie : la réification [p. 28]
  • L’horizon rêvé de la chair [p. 30]

 

Epilogue : Être nu et rester « sujet » [p. 31]

Bibliographie [p. 32]

Annexe 1 : Critiques de presse (extraits) du spectacle « Erich Von Stroheim » (2017) [p. 34]

Annexe 2 : Analyse des critiques [p. 38]

 

La question pour l’acteur (-trice) enclin(e) à la nudité radicale sera d’évaluer, en théorie et en pratique, le coût social qu’il (elle) est prêt(e) à consentir au nom de ses valeurs personnelles, de ses valeurs artistiques, des valeurs de sa famille de théâtre et/ou de cinéma, mais aussi en fonction de son psychisme et de sa réceptivité aux interdits sociaux. […]

Le raisonnement philosophique peut proposer quelques outils à l’élaboration d’une posture professionnelle à l’égard de la nudité. A ce titre, la contextualisation de certains phénomènes et concepts est utile : comprendre le mécanisme de la honte, de la pudeur, la dialectique sujet/objet et le concept de réification. Malgré toute l’ambivalence de la nudité, l’artiste créateur continuera de projeter sur elle un rêve de « chair », notion souvent évoquée en danse et en théâtre, que la philosophie a pensée. L’articulation de tous ces concepts éclaire les enjeux de liberté,  d’émancipation, mais aussi de dignité pour la personne-artiste aujourd’hui.

[1] Comédienne, docteure en Etudes Théâtrales, Performer associée au Centre Pompidou, elle enseigne également à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, à SciencesPo Paris et à l’ENACR (Ecole Nationale des Arts du Cirque).
[2] Du latin res, la chose. La réification désigne le processus de transformation en objet, en chose.