L’Éveil du printemps

L’ÉveiL du printemps (tragédie enfantine) - de Frank Wedekind -Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

 

La promotion 2018 travaille actuellement avec la compagnie Ricci/Forte sur l’oeuvre de Frank Wedekind : L’Éveil du printemps. 

Présentation publique le samedi 25 février / 15h / Hôtel de Ville de Vanves. Entrée libre sur réservation à l’adresse billetterie@ville-vanves.fr


> le projet

Metamorphosis : transformation physique du chaos en univers organisé. La mutation peut être progressive ou régressive.

Partant de la rencontre entre l’univers visionnaire de Frank Wedekind et celui, poétique, de ricci/forte, l’on réalisera un atelier qui – en suivant les périmètres de l’une des plus fascinantes et controversées pièces allemandes du début du vingtième siècle, L’ÉVEIL DU PRINTEMPS (tragédie enfantine), et à travers une élaboration métaphorique de ce conte cruel sur l’adolescence – mettra l’accent sur notre pays, pris en tenaille entre espoir et instincts brutaux, où l’éthique ne s’accorde jamais avec la dictature féroce d’un destin insurmontable ; et où les relations humaines (même biaisées par l’obsession de l’argent et de l’apparence) trouvent la dignité d’exister dans l’opiniâtreté qui les distingue.

En ces temps sombres de perte de l’imagination, avec une ironie mordante et une impudence mozartienne, nous raconterons le « côté nocturne » de la réalité d’aujourd’hui. Un voyage dans la lande de la solitude de l’homme moderne en constante évolution, à cheval entre avenir et globalisation inévitable qui frappent avec toujours plus d’insistance à sa porte. Nous parlerons de nous-mêmes, du sentiment de vide d’une XXIème Génération qui lacère son propre cœur afin de combler ce gouffre d’indifférence collective qui s’élargit manifestement. Nous raconterons des images, des fragments, avant de raconter des histoires. Nous raconterons des souvenirs, des émotions. Dans la brume de l’indifférence caractérisant  notre ère planétaire, tels des fantômes inquiétants, tout à coup, apparaîtront nos destins et nos vies qui sont aussi ceux de contemporaines et ingénues Wendla Bergmann, de timides Moritz Stiefel, de braves Melchior Gabor, de médiocres Ernst Röbel et de narcissiques Hänschen Rilov, qui nous effleurent chaque jour dans le métro, à nos côtés sur les bancs de l’école ou dans la queue du supermarché.

Il n’est pas étonnant que dans L’Éveil du printemps le mot Vie (avec une majuscule) aura de multiples résonances : la vie qui blesse ; la vie qui trahit ; la vie qui observe ; la vie que l’on vit ; la vie qui renaît de ses promesses ; la vie comme un spectacle grotesque ; la souffrance et la joie que la vie coûte, l’exaltation et les humiliations qu’elle peut offrir : « Tu ne me connaîtras pas, si tu ne m’accordes pas ta confiance », dit l’homme masqué à Moritz dans l’une des dernières scènes de la pièce. Et avec la Vie, les peurs, les besoins, les angoisses, les pressions, les souffrances, les nombreuses questions sans  réponses que se posent les enfants – suspendus dans le doute d’Hamlet entre l’être et le non-être – lorsqu’ils s’éloignent du monde de l’enfance (et, par conséquent, de la soumission à l’environnement très souvent faillible et obtus de la famille, de l’école, de la société et leur façade de moralité), dans leur cheminement à la découverte de nouvelles expériences,  connaissances et horizons :  » Qu’est-ce que cela signifie de devenir adulte ? « .  » Pourquoi tout va-t-il toujours de travers ? « .  » Qu’y a-t-il de plus effrayant pour moi ? « .     » Que sont le corps, la sexualité ? « .  » Pourquoi le monde continue-t-il d’avancer ? ”. “ Où se trouve le frein ? « .  » Möchte doch wissen, wir eigentlich wozu sind auf der Welt! (J’aimerais pourtant savoir pourquoi, au juste, sommes-nous dans ce monde ?) ”, demande Melchior à Moritz lors de leur première rencontre.

Percevoir la diversité, la complexité de l’existence qui se recompose dans ses turbulences, pour accepter les images dans la langue des rêves qui suggère le cycle des saisons : du printemps (l’éveil de l’Eros sous toutes ses formes, l’attente, les espérances) jusqu’à l’hiver (la régression, le déclin, les obsessions, la ruine, la mort). Un autre mauvais coup de la Vie qui, une fois encore distribue la cruauté, donne et reprend tel le caprice d’un dieu de la mer. Rien n’est jamais acquis. En brisant les tabous et les identités,  en superposant le blanc et le noir, le masculin et le féminin, dans et autour de ces créatures troublées, nous allons jouer la variété des mondes, les relations combinatoires qui mêlent la compassion et la douleur dans un mélange cru, ambigu.

L’on rit, l’on souffre, l’on s’élève et l’on s’écrase sur le sol, tous ensemble, sans répit. Pas de catharsis !

Ainsi, le download est lancé : quel sera alors le pourcentage de mensonges, de caresses, de promesses que nous devrons ingurgiter pour donner l’illusion d’être tout à fait  « éveillés » et bien vivants ?

 


ricci/forte

 

Le duo de dramaturges a représenté la scène italienne à Rouen (Scène Nationale Petit-Quevilly/Mont-Saint-Aignan 2008), Marseille (Act0ral 2008), Nantes (Le Lieu Unique 2008), Paris (MC93 Bobigny 2014 et Nouveau Théâtre de Montreuil 2015). Ils ont participé à de nombreux festivals internationaux en France (La Ménagerie de Verre/Paris 2009,  Europe&Cies/Lyon 2010 et Artdanthé/Vanves 2014/5/6), en Roumanie (Underground Theatre/Arad 2010), en Angleterre (Lingering Whispers/Londres 2010), en Croatie (ZKM/Zagreb et IKS/Split 2014), en Slovénie (Mladi Levi/Ljubljana 2011), en Allemagne (New Plays from Europe/Wiesbaden et Glow/Berlin, 2012), aux Etats-Unis (NYI/New York 2012), en Moldavie (BITEI/Chisinau 2012), en Belgique (Les Halles/Bruxelles 2012), en Bosnie-Herzégovine (MESS/Sarajevo/Visoko 2012), en Espagne (Escena Contemporanea/Madrid et Centro Parraga/Murcia, 2012), en Turquie (New Text New Theater/Istanbul 2013), au Portugal (Almada/Lisbonne 2013), en Russie (Territory, PLATFORMA et NET/Moscou 2014) et au Brésil (FILO/Londrina 2015).

Ils se sont formés à  l’Accademia Nazionale d’Arte Drammatica Silvio d’Amico à Rome et à la New York University. Ils ont également étudié auprès d’Edward Albee. Ils ont remporté divers prix, dont les Prix Studio 12, Oddone Cappellino, Vallecorsi, Fondi-La Pastora, Hystrio pour la Dramaturgie et Gibellina/Salvo Randone pour le Théâtre.

TROIA’S DISCOUNT a été créé en 2006. En 2007, ils sont invités par l’Ambassade de France pour un “Face à Face” avec Olivier Py. LA RAMIFICAZIONE DEL PIDOCCHIO et PPP ULTIMO INVENTARIO PRIMA DI LIQUIDAZIONE (deux hommages à Pier Paolo Pasolini) sont leurs créations les plus récentes, 2015/2016. En février 2017, ils présenteront L’ÉVEIL DU PRINTEMPS, d’après Frank Wedekind, en collaboration avec l’ESAD (Ecole Supérieure d’Art Dramatique) au festival Artdanthé à Vanves / Paris. En mai 2017, en coproduction avec le Teatro Biondo di Palermo (IT), ils se confronteront au monde shakespearien avec une ré-écriture de TROÏLUSvsCRESSIDA. En juillet 2017, ils dirigeront l’Opéra TURANDOT de G. Puccini, en ouverture de la saison du festival Opera Sferisterio de Macerata (IT). À la fin de l’année 2017, ils vont diriger les Opéras LE CHÂTEAU DE BARBE-BLEU de Béla Bartok et DIE GLÜCKLICHE HAND de Arnold Schoenberg  au Teatro Massimo de Palerme (IT).