Jouer en anglais à l’ESAD

Les élèves de l’ESAD suivent une formation au jeu en anglais mise en place dans le cadre du DNSPC[1] et dirigée par Christine Ravat-Farenc. Avec l’anglais comme langue de travail, il s’agit pour eux, non seulement de pratiquer le répertoire britannique et américain en langue originale, mais également d’aborder ces textes suivant les techniques de jeu des écoles d’art dramatique anglo-saxonnes, dans une perspective historique.

Cette formation, en fixant aux jeunes comédiens un horizon bilingue à leur pratique (sur le plan de la langue, des techniques et de l’histoire du jeu donc) contribue à nourrir la vision de l’acteur-créateur que développe l’établissement dans le projet de son directeur Serge Tranvouez, mis en œuvre avec sa  directrice pédagogique Carole Bergen.

Cela fait trois ans que cette formation est développée dans l’école. C’est une occasion pour Christine Ravat-Farenc[2], comédienne, docteure en études théâtrales et spécialiste du jeu de l’acteur d’écoles française et anglo-saxonne, de présenter certains aspects techniques du jeu en anglais, sous la forme d’un feuilleton de trois épisodes consacrés à son travail sur le répertoire shakespearien, mené avec les élèves de première année.

 

JOUER SHAKESPEARE EN ANGLAIS

Episode 1 : La légitimité des acteurs francophonespar Christine Ravat-Farenc

 

Sommaire

Préambule 1 : Shakespeare, c’est dur pour tout le monde

Préambule 2 : « L’anglais, c’est trop dur » ou l’autocensure française

I – A la conquête de la langue de Shakespeare : modalités techniques

  • Déchiffrer le pentamètre iambique et incorporer la mobilité du vers
  • Ajuster son énergie phonatoire à la dépense anglaise
  • Jouer la performativité de la métaphore shakespearienne

II – L’atout des francophones : la francité de la langue de Shakespeare

  • Shakespeare, cet auteur latin
  • Perspectives expérimentales

Breaking News : Shakespeare n’était peut-être pas (qu’) anglais.

 

Extrait :

Les acteurs francophones peuvent jouer Shakespeare en anglais et, c’est notre thèse, peuvent contribuer légitimement à en renouveler l’incarnation, s’ils fournissent l’effort assidu qu’exige ce répertoire complexe et étrange pour les anglo-saxons eux-mêmes. Car Shakespeare, c’est génial, mais c’est dur pour tout le monde.

 

À suivre :

Episode 2 : L’acteur (-trice) sur le fil : l’adresse directe et les cue-scripts

Episode 3 : Dangereuse et sexy : la parole shakespearienne

 


[1] Diplôme National Supérieur Professionnel du Comédien (License universitaire délivrée par les 11 écoles nationales d’art dramatique depuis 2007).

[2] Performer associée au Centre Pompidou, elle enseigne également à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, à SciencesPo Paris et à l’ENACR (Ecole Nationale des Arts du Cirque). Elle est membre de la Société Française Shakespeare.